La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’accorder son premier agrément à un opérateur télécom pour exploiter un portefeuille de monnaie électronique. Ooredoo Tunisie lance walletii, son service de paiement mobile, dans un marché qui a bondi de 81 % en 2025.
Sept ans après l’établissement du cadre réglementaire en 2019, la BCT franchit une étape symbolique en autorisant un géant des télécoms à se lancer dans la fintech. L’agrément accordé le 14 février 2026 à Ooredoo Fintech Tunisie (filiale dédiée créée en 2025) marque un tournant pour un secteur où les transactions mobiles représentaient déjà 8,4 millions d’opérations l’an dernier, pour une valeur de 1 769 millions de dinars. De quoi attiser les convoitises des opérateurs télécoms, qui lorgnent depuis longtemps sur ce marché prometteur.
Un portefeuille mobile qui débarque avec ses références
walletii n’est pas exactement un novice. Le service existe déjà à Oman depuis 2024, au Qatar et aux Maldives sous la bannière d’Ooredoo Fintech International. Pour sa version tunisienne, dirigée par Michelangelo Giacco, la plateforme promet le panel habituel : paiement de factures, transferts d’argent, retraits sécurisés et paiement par QR code. Ajoutez-y un programme de fidélité (parce qu’il en faut un, apparemment) et vous obtenez une offre assez classique dans l’écosystème fintech.
L’avantage concurrentiel d’Ooredoo réside ailleurs : son réseau de distribution. Avec tous les points de vente Ooredoo en Tunisie (le plus étendu du pays, selon l’opérateur), walletii bénéficie d’un maillage physique que peu de concurrents peuvent rivaliser. Reste à voir si cette capillarité suffira face aux 435 prestataires de services de paiement déjà agréés par la BCT.
Tunisie Telecom prépare sa riposte
Comme l’indique L’Economiste Maghrebin, Tunisie Telecom ne compte visiblement pas rester les bras croisés. L’opérateur historique préparerait sa propre plateforme de paiement mobile, s’appuyant sur l’expérience de TelecoMoney (déjà opérationnel pour les recharges et factures). Avec 15 millions d’abonnés mobiles dans le pays, la bataille pour capter les 469 000 utilisateurs de portefeuilles numériques s’annonce serrée.
D’autant que le marché tunisien du paiement mobile traverse une phase d’accélération spectaculaire. Les transferts d’argent représentent désormais 50,7 % des transactions, tandis que l’usage du chèque s’effondre (-67,5 %). Ooredoo Fintech Tunisie s’appuie sur des partenaires solides comme QNB Group et la Société monétique tunisienne pour crédibiliser son offre. Attention cela dit : entre les promesses d’un lancement et la réalité du terrain, il y a parfois un fossé que seuls les premiers mois d’exploitation permettront de mesurer.
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