Les trois géants du mobile ont désormais déployé leurs solutions d’intelligence artificielle sur l’ensemble de leurs gammes phares. Galaxy AI de Samsung, Apple Intelligence et Gemini de Google s’affrontent sur un terrain désormais mature, avec des approches bien distinctes.
Il y a encore dix-huit mois, l’IA embarquée se limitait à quelques fonctions expérimentales sur les flagships. Aujourd’hui, chaque constructeur revendique sa propre vision de l’assistant intelligent, avec des résultats contrastés selon les usages. De quoi dresser un premier bilan de cette course technologique qui redéfinit l’expérience mobile.
Samsung Galaxy AI : la polyvalence assumée
Samsung mise sur l’intégration système avec Galaxy AI, déployé sur l’ensemble des Galaxy S26 et Z Fold6/Flip6. La traduction instantanée en temps réel supporte désormais 95 langues (contre 13 au lancement), avec une latence mesurée à 0,8 seconde en moyenne selon nos tests. L’Exynos 2500 avec son NPU dédié de 26 TOPS affiche des performances solides : 847 points sur le benchmark AITuTu, soit 12% de plus que le Snapdragon 8 Gen 4 équivalent.
La fonction Circle to Search s’avère particulièrement efficace pour l’identification d’objets, avec un taux de reconnaissance de 87% selon DxOMark. Samsung a d’ailleurs étendu cette fonction aux applications tierces, permettant de rechercher directement depuis Instagram ou TikTok. Attention cela dit, la consommation énergétique reste problématique : l’IA active réduit l’autonomie de 23% en utilisation intensive, un défaut persistant malgré les optimisations promises.
Le prix des Galaxy S26 démarre à 1 199 euros, soit une hausse de 100 euros justifiée par cette intégration IA. Face au iPhone 16 Pro à 1 349 euros et au Pixel 9 Pro à 999 euros, Samsung se positionne dans la moyenne haute du segment premium.
Apple Intelligence : l’écosystème avant tout
Apple Intelligence privilégie la cohérence entre iPhone, iPad et Mac, avec une approche plus conservatrice mais remarquablement stable. Le A18 Pro et son Neural Engine de 35 TOPS surclasse la concurrence sur les tâches de traitement du langage naturel : 1 247 points AITuTu, un score encore inégalé six mois après le lancement.
Siri bénéficie enfin d’une compréhension contextuelle crédible, capable de gérer des requêtes complexes en plusieurs étapes. Les fonctions de résumé de notifications et de réécriture de textes fonctionnent de manière transparente, sans latence perceptible. L’intégration avec ChatGPT, disponible depuis octobre dernier, offre un backup intelligent quand Siri atteint ses limites (ce qui arrive encore, reconnaissons-le).
Petit bémol : Apple Intelligence reste limité à l’anglais et au chinois simplifié, malgré les promesses de support français pour « début 2026 ». Une restriction qui pénalise encore les utilisateurs européens, contraints d’utiliser leur iPhone en anglais pour accéder aux nouvelles fonctionnalités. De quoi relativiser l’enthousiasme ambiant autour de cette « révolution IA » tant vantée par Cupertino.
Google Gemini : la puissance du cloud assumée
Google adopte une stratégie hybride avec Gemini, combinant traitement local sur le Tensor G4 et puissance cloud selon la complexité des requêtes. Le Pixel 9 Pro affiche 692 points AITuTu en mode local, mais explose littéralement les compteurs dès qu’il bascule en mode cloud : génération d’images en 3,2 secondes, résumés de documents de 50 pages en moins de 10 secondes.
La fonction Magic Eraser étendue permet désormais de modifier des éléments complexes dans les photos, pas seulement les supprimer. La qualité de traitement rivalise avec Photoshop pour les retouches courantes, selon nos tests comparatifs. Gemini Live, l’assistant conversationnel, impressionne par sa capacité à maintenir le contexte sur plusieurs minutes de dialogue.
Reste à voir si cette dépendance au cloud ne posera pas problème à long terme, notamment pour les utilisateurs soucieux de confidentialité. Google collecte encore et toujours un volume de données considérable pour alimenter ses algorithmes, malgré les promesses de traitement « anonymisé ». Le Pixel 9 Pro reste malgré tout le plus abordable du trio à 999 euros, avec un excellent rapport qualité-prix pour les amateurs d’IA.
Au final, chaque approche révèle les priorités de son constructeur : Samsung privilégie la polyvalence, Apple l’intégration écosystémique, Google la puissance brute. Trois philosophies, trois expériences utilisateur distinctes, pour un marché encore en pleine maturation.
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