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samedi 31 octobre 2026 · S'abonner

Netflix, Disney+, Peacock : les streamers copient TikTok pour garder leurs abonnés

Sept grandes plateformes de streaming américaines ont intégré des fils verticaux dans leurs applications mobiles, sur le modèle de TikTok. L'objectif est clair : récupérer la découverte de contenu qui se passe désormais sur les réseaux sociaux, avant que l'utilisateur ne quitte l'application.

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Vous l'avez peut-être remarqué si vous utilisez Netflix sur votre téléphone : depuis le 30 avril, un onglet Clips a remplacé le classique « Nouveau et populaire » dans la barre de navigation. Ce n'est pas un hasard isolé. C'est le signe d'un mouvement de fond qui touche l'ensemble du secteur du streaming américain.

Sept plateformes, un même constat : TikTok a changé la façon dont on choisit ce qu'on regarde

Selon le rapport Social Media & Entertainment Discovery publié par la société d'analyse Luminate, 57 % des Américains âgés de 18 à 24 ans découvrent films et séries via la vidéo courte, contre 55 % qui les trouvent en naviguant directement dans une application de streaming. L'écart est mince, mais symboliquement énorme : pour la première génération qui a grandi avec TikTok, les fils algorithmiques ont dépassé l'interface traditionnelle de la plateforme elle-même.

La réponse du secteur a été quasi unanime. Tubi (la plateforme gratuite de Fox) a ouvert le bal en novembre 2024 avec Scenes. Disney+ a suivi en mars 2026 avec Verts, et Netflix a refondu son app mobile fin avril. Paramount+, Prime Video, HBO Max et Peacock ont chacun lancé leur propre fil dans la foulée, entre avril et août 2026. En somme, sept services majeurs proposent aujourd'hui une expérience de défilement vertical sur mobile.

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ServiceNom du filLancement
TubiScenesNovembre 2024
Disney+VertsMars 2026
NetflixClipsAvril 2026
Paramount+(sans nom officiel)Avril 2026
Prime VideoClipsMai 2026
HBO MaxShortsJuillet 2026
Peacock(fil de bibliothèque)Août 2026

La logique est simple à expliquer. Une interface classique de streaming propose des rangées de vignettes que l'utilisateur choisit de parcourir. Un fil social, lui, impose un flux de contenu : une scène marquante, un interview en coulisses, la réaction d'un créateur. Et l'utilisateur finissait par aller regarder la série... ailleurs. Les plateformes veulent court-circuiter ce détour.

Au-delà des clips : microdramas, créateurs et IA au programme

Ce qui est intéressant, c'est que les fils ne se contentent pas de recyclage. Peacock a annoncé le 22 juin des microdramas Bravo originaux, tournés spécialement pour le format vertical (une à deux minutes, shot sur téléphone), comme Campus Confidential: Miami ou Salon Confessionals. La plateforme a même commencé à licencier des titres issus de l'application de microdramas ReelShort. Et son fil Your Bravoverse, lancé le 13 octobre, s'appuie sur un avatar IA de l'animateur Andy Cohen pour personnaliser l'expérience en temps réel.

Disney+ a quant à lui conclu un accord avec TikTok le 5 août, donnant aux créateurs un accès sous licence aux catalogues Pixar, Marvel, Star Wars et FX pour alimenter Verts. En clair : Disney invite les créateurs TikTok à produire du contenu qui sera diffusé dans son propre app. Ironique, non ?

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Netflix, de son côté, se montre plus prudent. Comme le rapporte eMarketer, la compagnie a précisé que Clips est un outil de découverte, pas un concurrent direct aux plateformes de vidéo courte. Luminate note tout de même que Netflix envisage d'y ajouter des podcasts, des émissions en direct et des collections par genre. Reste à voir si la promesse de la « simple découverte » tiendra sur la durée.

« 77 % des spectateurs qui tombent sur des extraits de films ou séries sur les réseaux sociaux finissent par regarder le programme complet. » (Enquête YouGov en Grande-Bretagne, 2026)

Un pari mobile, mais une guerre qui se joue aussi sur la télé

Luminate insiste sur un point souvent négligé : le mot clé n'est pas « vertical » mais « mobile ». Les apps de streaming sur téléphone sont longtemps restées des versions réduites de l'interface TV, inadaptées aux usages du pouce. Les fils verticaux corrigent ce retard structurel.

Cela dit, la bataille ne se limite pas aux écrans de poche. Dans le Nielsen Gauge d'août 2026, publié le 22 octobre, YouTube a atteint un record de 15,8 % de l'audience télévisée aux États-Unis, pendant que Netflix se contentait de 7,7 %. YouTube avait d'ailleurs déclaré l'année précédente que la télévision avait dépassé le mobile comme premier écran de visionnage aux États-Unis. Et Instagram a lancé une app TV sur Amazon Fire TV en décembre 2025, puis sur Google TV en février 2026.

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Le poids croissant de YouTube dans les habitudes de visionnage illustre d'ailleurs à quel point la frontière entre contenu professionnel et amateur s'est effacée. Les streamers ne se battent plus uniquement entre eux : ils font face à une plateforme dont le contenu est quasi infini et, surtout, gratuit.

La répartition par âge que dresse Luminate est également parlante. Parmi les 18-24 ans, la vidéo courte (57 %), la navigation dans les apps (55 %), le bouche-à-oreille (53 %) et les réseaux sociaux classiques (52 %) arrivent tous au-dessus des 50 %. Chez les plus de 65 ans, c'est le bouche-à-oreille qui prime (58 %), suivi des publicités TV et bandes-annonces (57%). Autant dire que les stratégies ne peuvent pas être uniformes.

Attention tout de même : transformer une habitude d'application est l'un des défis les plus difficiles en tech. Les utilisateurs ouvrent Netflix pour regarder quelque chose de précis, pas pour scroller indéfiniment. Convaincre un abonné de changer ses réflexes prendra du temps, et pas moins de sept services devront le faire simultanément. De quoi réserver quelques surprises d'ici l'an prochain.

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Sources

Cet article s’appuie sur les sources publiques listées ci-dessus.

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