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LG Smart TV : ce que vous acceptez vraiment en l'allumant

Allumer une télévision connectée LG et appuyer sur « Accepter », c'est signer environ 50 000 mots de conditions, soit l'équivalent d'un roman court. Une enquête publiée le 6 septembre 2026 par Gamers Nexus révèle ce que contient vraiment ce mur de texte, et c'est autrement plus préoccupant que la longueur.

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Vous avez peut-être déjà zappé cet écran d'accueil en appuyant machinalement sur « Accepter ». C'est humain. Mais l'investigation 216,000,000 Spy TVs de Gamers Nexus, deux heures et quinze minutes de vidéo qui dépasse désormais les 8,8 millions de vues, détaille précisément ce que ce geste implique sur une télévision LG. Et le tableau n'est pas rassurant.

50 000 mots et 2 705 clics pour tout lire

L'équipe de Gamers Nexus a branché deux téléviseurs LG et a compté les pressions sur la télécommande nécessaires pour parcourir l'ensemble des accords. Résultat : 1 246 clics pour les six contrats liés à la Smart TV, et 1 459 de plus pour les quatre accords du compte LG, soit 2 705 pressions rien que pour atteindre le bas du premier niveau de texte.

En termes de mots, les conditions de la Smart TV dépassent les 18 500 mots, celles du compte LG approchent les 12 400, et les conditions d'utilisation plus l'avis de confidentialité pour les clients américains en ajoutent 17 000 supplémentaires. Total : environ 50 000 mots. Un lecteur adulte lit entre 220 et 350 mots par minute ; lire tout ça représente près de quatre heures avant le premier journal du soir. Personne ne le fait. Et c'est, en somme, exactement le but.

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Petite précision sur Gamers Nexus : c'est un média américain indépendant spécialisé dans le matériel informatique, connu pour ses tests de cartes graphiques et, ces dernières années, pour des enquêtes longues sur les pratiques commerciales des fabricants. Il fonctionne via un site marchand et des abonnements lecteurs, pas via la publicité des marques qu'il teste. De quoi rendre ses conclusions difficilement balayables d'un revers de main.

Vous consentez aussi pour vos invités, vos enfants et vos voisins de canapé

C'est là que ça devient franchement problématique. En appuyant sur « Accepter », vous ne donnez pas uniquement votre consentement : vous déclarez avoir obtenu l'accord de toutes les personnes qui utiliseront l'appareil. La formulation américaine est explicite : « if you know this device will be used by more than one person, you represent that you have obtained the consent of everyone else who will use this product ».

Les termes liés aux services IA de LG vont encore plus loin, précisant que c'est la « responsabilité exclusive » de l'utilisateur de notifier les membres de la famille, les invités, les enfants et les passants que leurs voix peuvent être captées et traitées. Si quelqu'un s'y oppose, la responsabilité retombe sur celui qui a appuyé sur Accepter, pas sur le fabricant.

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Sur les mineurs, le mécanisme est similaire. LG indique que des identifiants persistants peuvent être collectés pour des utilisateurs « de tout âge », que la société peut ne pas savoir si l'information provient d'un enfant de moins de 18 ans, et que dans ce cas elle la traite comme si elle venait d'un adulte. La charge de vérification reste dans votre salon.

Infographie expliquant que LG collecte les données sans vérifier l'âge et que la responsabilité incombe aux parents.

La reconnaissance de contenu qui ne s'arrête pas au Netflix

L'ACR (reconnaissance automatique de contenu) est le système qui identifie ce qui passe à l'écran. Il fonctionne comme Shazam, mais pour des films, des matchs, des publicités ou des jeux vidéo. La télévision échantillonne ce qu'elle voit ou entend, génère une empreinte numérique et la compare à une base de données. Le résultat alimente un profil publicitaire. Chez LG, cette fonction s'appelle Live Plus.

Selon les tests de Gamers Nexus, Live Plus continue de fonctionner même quand la télévision sert de simple moniteur pour une console ou un ordinateur portable. Autrement dit, votre partie de jeu vidéo ou votre présentation professionnelle passe aussi dans le filtre.

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Ces données sont collectées par LG Ad Solutions, qui n'est pas un simple service marketing interne. Cette entité est née sous le nom d'Alphonso Inc., une société américaine de publicité TV qu'LG a prise en main en 2021 pour remplacer les technologies tierces par les siennes propres, puis déployée dans 27 pays. Dit autrement : la télévision que vous avez achetée travaille aussi pour une agence publicitaire détenue par celui qui vous l'a vendue.

Des cadres commerciaux d'LG Ad Solutions ont même résumé la logique dans leurs propres vidéos de vente, montées côte à côte dans l'enquête : « we own the glass, we own the TV ». Et autour de ça : « we know who is in the LG household, we know which devices are there, we know what you are exposed to on TV ». Ce sont des extraits de présentations à des annonceurs. Votre salon est le produit.

Des formulations légales qui ne disent pas tout à fait la même chose

L'avocat Vincent Agosta, interviewé dans la deuxième partie de l'enquête, pointe une asymétrie entre deux clauses qui semblent identiques et ne le sont pas. Dans un endroit, LG indique qu'elle utilisera des informations pour répondre à un « processus légal, tel qu'un mandat de perquisition, une assignation ou une ordonnance judiciaire ». Dans un autre, elle écrit qu'elle se conformera à « toute loi fédérale, étatique ou locale applicable, règlement, enquête civile, pénale ou réglementaire, processus légal ou demande gouvernementale exécutoire ».

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La première formulation exige un juge. La seconde, comme le souligne Agosta, ne le requiert pas. C'est une nuance de quelques mots qui change radicalement la portée réelle du consentement.

Attention tout de même : LG conteste en grande partie les conclusions de cette investigation. La société n'a pas confirmé publiquement chaque interprétation juridique présentée dans la vidéo. Reste à voir si une pression réglementaire, notamment en Europe où le RGPD impose des standards plus contraignants, viendra forcer des modifications concrètes des contrats et pas seulement des mises à jour firmware. Et ça, c'est pas rien.

Sources

Cet article s’appuie sur les sources publiques listées ci-dessus.

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