Lancée cette saison, la diffusion de la Formule 1 sur Apple TV+ suscite autant d'enthousiasme côté dirigeants que de scepticisme côté fans. Pourtant, Derek Chang, PDG de Liberty Media (la société propriétaire du championnat), ne cache pas sa satisfaction : il espère que l'accord, qui court jusqu'en 2030, sera reconduit et même prolongé.
Un deal à 140 millions de dollars par an, et visiblement satisfaisant
Les chiffres, d'abord. Apple verse environ 140 millions de dollars par an à la F1 pour les droits de diffusion, contre 90 millions que payait ESPN sur son contrat précédent. Un bond de 50 millions qui a pesé lourd dans la décision de quitter la télévision linéaire, même au prix d'une audience potentiellement réduite.
Car c'est là que le bât blesse (un peu). Une analyse tierce récente suggère que l'audience de la F1 aurait reculé sensiblement lors de cette première saison sur Apple TV+, comparée à la dernière sur ESPN. Chang, lui, refuse de s'étendre sur la validité de ces chiffres. Son argument : la F1 ne mesure plus son succès en téléspectateurs purs, mais en engagement global.
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« Vous n'avez plus besoin d'aller à chaque course ou de regarder chaque Grand Prix à la télévision pour être un fan », a déclaré Chang lors d'un événement Axios, juste avant le Grand Prix d'Austin.
Une phrase qui a agacé une partie de la fanbase, avant qu'il ne précise sa pensée : 60 % des centaines de millions de fans de F1 interagissent avec le sport chaque jour, alors que les courses ne se courent pas chaque jour. Highlights, previews, contenus lifestyle... c'est cette consommation quotidienne que Liberty Media considère comme son vrai baromètre. De quoi relativiser l'obsession pour le chiffre brut de téléspectateurs en direct.
Apple, « un grand partenaire » dont on ne veut pas se séparer
Interrogé sur l'existence d'une clause de sortie anticipée du contrat, Chang a répondu que la question était « sans objet », qualifiant Apple de « grand partenaire ». En somme, personne ne cherche la porte de sortie, et tout le monde semble content de rester dans la pièce.
Attention tout de même : la vraie question reste celle de la croissance. La popularité de la F1 avait explosé lors de son passage sur ESPN, dopée par le succès de la série Netflix Drive to Survive. Reproduire cette trajectoire sur une plateforme de streaming payante, avec une audience de départ naturellement plus restreinte, c'est le vrai pari que Liberty Media a pris. Pour l'instant, les données manquent pour trancher.
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D'ailleurs, la confidentialité d'Apple sur ses chiffres d'abonnés et de visionnage rend l'exercice particulièrement opaque. Le géant de Cupertino ne publie pas ses audiences, ce qui complique tout jugement objectif, et arrange peut-être les deux parties. Reste à voir si, d'ici 2030, la F1 aura réussi à convaincre que le streaming vaut bien la télévision ouverte.
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