Hocine Oubaiche, nouveau directeur commercial de la marque Algérienne Kiowa, apprécie la décision du gouvernement, qui consiste à interdire l’importation des smartphones, selon lui, cette décision permettra à sa marque d’augmenter sa capacité de production.

Le chevronné du domaine de la téléphonie mobile a accordé une interview à « Android-dz », dans laquelle il a évoqué de nombreux points importants pour sa marque, qui a récemment intégré le monde de l’assemblage des smartphones. Il a également dévoilé beaucoup de détail sur un marché du mobile qui passe par une délicate période de transition.

  • Android-dz : Pouvez-vous présenter la marque Kiowa aux Algériens

Hocine Oubaiche : Kiowa est la marque commerciale de l’entreprise Technisat, qui est l’une des plus anciennes marques dans le domaine de l’électroménager en Algérie. Celle ci s’est lancé l’année dernière dans la production des smartphones.

  • Votre marque est active depuis plus d’une année, mais il semblerait que ses produits ne sont pas assez présents dans le marché, comment jugez-vous cela ?

Pour juger qu’une marque donnée ait une présence dans le marché, il faut l’analyser sur trois ans au minimum, vu qu’elle passe dans ses trois premières années par diverses phases, à commencer par la communication, là où la marque essaye de se faire connaitre auprès du public, ensuite la phase de la création d’un réseau de distributeurs, et pour finir, la marque doit cibler une part du marché, selon ses capacités.

  • Quelles sont les nouveautés de la marque Kiowa ? et ses projets sur le court et le moyen terme ?

Si on parle de nouveautés, nous venons de lancer deux smartphones, il s’agit du A5, avec un écran de 5.5’’ et du S5 Ultra, qui a un écran de 5’’.

Nous avons, bien entendu, commencé la commercialisation de ses deux nouveaux produits. La prochaine étape sera une étude qui va nous permettre de mesurer les retours des clients à propos de ses deux terminaux.

Pour ce qui est de l’avenir proche, nous allons lancer d’ici trois mois quatre nouveaux téléphones : deux smartphones et deux feature phones.

  • Comment gérez-vous la partie après-vente ?

Actuellement, la partie après-vente est gérée par nos points de vente, qui prennent en charge le ramassage des appareils en destination du service après-vente. Cette année nous prévoyons l’inauguration une dizaine de services après-vente qui seront répartis sur le territoire national.

  • Quel est le taux d’intégration dans les produits Kiowa ?

Le taux d’intégration dans nos produits est le même comparé à ce qui se trouve dans les produits des autres constructeurs nationaux.

  • L’État a décidé d’interdire l’importation des smartphones, quel impact pourrait-elle avoir cette décision sur votre marque ?

Je salue la décision et je trouve que c’est une bonne chose, car ça va pousser tous les acteurs du domaine à s’investir d’une manière sérieuse. De notre côté, nous allons inaugurer une nouvelle chaine d’assemblage, qui va nous permettre d’augmenter notre capacité de production. Nous avons aussi un projet de lancer l’intégration des cartes mères.

  • Aux normes CKD ou SKD ?

En CKD

  • Qu’en est-il du consommateur ? est-ce qu’il sera impacté par l’interdiction de l’importation ?

Le consommateur constatera une chute de prix pour quelques produits, et une augmentation pour d’autres.

  • Pourtant nous n’avons constaté jusqu’à présent qu’une augmentation des prix…

En ce qui concerne les grandes marques internationales, les prix vont effectivement augmenter par rapport au passé, contrairement aux autres marques qui connaîtront une baisse de prix, en raison du cout de production moins élevé et de la production en masse.

La raison pour laquelle le prix des smartphones des grandes marques va augmenter revient principalement au processus de fabrication qui est long et couteux, de plus, ces marques la fabriquent leurs produits à 100%, puis ils les démontent et les envoient en Algérie, pour qu’ils soient de nouveaux assemblés, et c’est clairement plus couteux.

  • Revenons à votre ancienne chaine de montage, pouvez-vous nous communiquer sa capacité de production, ainsi que son emplacement géographique ?

Tout d’abord, sachez que la capacité de production ne peut être mesurée de façon précise, puisqu’elle dépend de plusieurs facteurs, dont le nombre d’opérations nécessaires pour chaque produit, de ce fait, si un produit nécessite 5 opérations de la chaine de montage, cette dernière sera capable de produire beaucoup plus d’exemplaires que s’il s’agissait d’un produit avec 50 opérations.

C’est pour cela que je ne peux vous donner un chiffre précis sur la capacité de fabrication de notre chaine de montage, et pour ce qui est de l’emplacement de notre unité de production, cette dernière se trouve dans la zone industrielle Oued Tlilet à Oran.

  • Le ministère de l’industrie prépare actuellement un cahier des charges qui organise l’industrie du mobile en Algérie, que devons-nous attendre d’une telle décision ?

C’est une bonne chose, par ce que ce cahier des charges va offrir plus de transparence au marché.

  • Est-il normal que permettre aux entreprises de se lancer dans l’assemblage des smartphones avant de mettre en place un cahier des charges ?

C’est tout à fait normal, car ce cahier des charges ne sera pas applicable dès son arrivée, et il y aura comme d’habitude, une période de transition qui va permettre à tout le monde de s’adapter aux changements.

  • De nombreuses marques internationales s’apprêtent à se lancer dans le montage des smartphones en Algérie, quelle est votre position face à ça ?

C’est toujours bien de voir des produits fabriqués en Algérie, peu importe ce que sont ces produits, et pour Kiowa, il y aura plus de concurrence, et rien de plus.

  • Comment voyez-vous le marché algérien après ce passage vers le montage local ?

Selon les statistiques, il y a 40 millions d’abonnés chez les opérateurs téléphoniques, ce qu’il veut dire au moins 30 millions de smartphones dans les mains des Algériens. Sachez aussi que la durée de vie d’un smartphone est de 2 à 3 ans au maximum, donc, le besoin du marché est aux alentours de 15 millions d’appareils par an.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes, le marché peut accueillir toutes les marques, et incite tout le monde à doubler les efforts et augmenter la production afin de satisfaire les demandes des clients.

  • Un dernier mot ?

J’espère que mes 15 années d’expérience dans le domaine me permettront d’aider Kiowa à augmenter sa part du marché et améliorer son image de marque, afin d’aller le plus loin possible.