Lors de sa conférence pour les développeurs, Google a présenté aux créateurs de jeux vidéo plusieurs technologies intégrées à Android N, dont une nouvelle API appelée « performance soutenue » pour assurer une expérience de jeu optimale.

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Avec la seconde preview d’Android N, Google a confirmé ce que tout le monde savait depuis novembre dernier : le moteur graphique Vulkan serait nativement pris en charge par le système d’exploitation. Un moteur capable d’afficher des textures 3D de la qualité d’une console de jeux comme la PlayStation 3 ou la Xbox 360 (dont la dernière démo a été diffusée sur Twitter par l’équipe du Play Store) . Une excellente nouvelle pour les concepteurs de produits Android TV (notamment nVidia, mais aussi Google, Huawei ou Xiaomi) qui pourront transformer leur boîtier en console de jeu HD, mais aussi de smartphones premium qui pourront se vanter de faire aussi bien qu’une PS Vita…

Plus de performance, mais pas forcément d’endurance

Cependant, la mésaventure Snapdragon 810 nous a appris quelque chose d’important : un chipset de smartphone ne fonctionne pas comme le processeur d’une console ou d’un PC. D’abord parce que la carte graphique de ces derniers est généralement dédiée (et non intégrée). Ensuite parce que leur boîtier est assez large pour disposer d’un refroidissement actif. Comprenez un ventilateur qui tourne à plein régime pour soulager le processeur. Dans un smartphone de 5 à 10 cm d’épaisseur, il est en effet pas possible d’y placer ce genre d’élément.

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Nous avons remarqué, avec le OnePlus 2 ou le Xperia Z5 Performance qu’une alternative est partiellement envisageable : installer des caloducs qui véhiculent la chaleur depuis le chipset jusqu’à la coque où elle sera dissipée. Mais cela ne suffit généralement pas. D’où le « tweaking ». Qu’est ce que c’est ? Ce sont des réglages réalisés par le fondeur (Qualcomm pour reprendre notre exemple) et le constructeur de téléphone, pour baisser en régime le chipset, de façon graduelle ou non, ou pour désactiver les coeurs performants, si une certaine température est atteinte.

Homogénéiser l’expérience de jeu sur mobile

C’est ce type de réglage qui sauve la vie du chipset quand vous jouez avec votre mobile à Dead Trigger 2. Mais ce sont aussi ces réglages qui expliquent les différences de performance d’un mobile à un autre, et d’une partie à une autre sur le même mobile. Car, si vous jouez trop longtemps, le tweaking ajustera les performances du téléphone en conséquence. Une expérience qui n’est pas qualitative, surtout en haut de gamme.

Parce que le jeu vidéo est la première source de revenus du Play Store (et de l’App Store), les créateurs d’applications ludiques sont généralement bien accueillis lors du Google I/O. Ils ont même quelques conférences dédiées. Durant l’une d’elles, une nouvelle API pour Android N a été présentée : elle s’appelle Sustained Performance. Ou Performances soutenues en bon français.

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Des réglages standardisés gérés par Android

Derrière ce nom se cache un ensemble d’informations standardisées que le système d’exploitation est capable de fournir non seulement aux fabricants du mobile, mais aussi aux créateurs de jeux, afin d’offrir une expérience de jeu uniforme sur la durée. L’idée étant que chaque partie optimise au mieux son propre produit pour qu’au final l’utilisateur prenne du plaisir à jouer (et donc à dépenser de l’argent sur le Play Store).

Avec une telle API, les réglages automatiques de la qualité visuelle des jeux seront donc logiquement plus en phase avec l’équipement intégré, ce qui devrait aussi, par la même occasion, faciliter les développements qui ne s’appuieront plus sur des plates-formes spécifiques, mais des données standardisées et globales. Effet pervers, cela pourrait aussi donner lieu à des baisses de qualité sur des téléphones théoriquement capables de mieux. Ce qui ne servira pas forcément les intérêts de tout le monde.